Minuit dix à Whitechapel

Résumé
Londres. 1er octobre 1888 à Whitechapel, le quartier le plus sordide de la capitale. Près de quatre-vingt mille personnes vivent dans ce dédale de ruelles étroites. C’est le repère des petits truands et autres racketteurs ; les fillettes s’y prostituent à douze ans, alors que la moitié des enfants n’atteignent pas leur cinquième année. L’odeur des abattoirs voisins ne fait que rajouter à la misère quotidienne. Et c’est là que l’horreur se donne un nom : Jack l’Éventreur ! Depuis ce matin, ce nom s’est répandu comme une traînée de poudre dans toute la capitale. La police semble incapable d’arrêter le monstre. La rue a peur…
Non loin de là, juste à côté de Tower Bridge, se trouve la résidence londonienne de Lord Carnevon. L’endroit est bien plus calme et bien plus luxueux que les rues tortueuses de Whitechapel. Lord Carnevon est reconnu dans les milieux huppés de Londres : ami personnel du Prince Albert-Edward, le propre fils de la reine Victoria et futur roi d’Angleterre, ce magistrat a mené une brillante carrière aux Indes où il était juge à la cour coloniale de Calcutta. Voilà près de six mois qu’il a quitté les Indes. Ne sortant que très peu depuis son retour au Royaume-Uni, d’aucuns chuchotent que son départ précipité de Calcutta serait dû à quelque maladie exotique qu’il aurait contractée aux colonies. S’il sort peu, Lord Carnevon reçoit. Et ce soir, parmi ses invités se trouve un assassin !
En effet, c’est peu avant dix-neuf heures que Henri, le majordome de Lord Carnevon, trouve le corps inanimé de son maître. Celui-ci gît couché sur son bureau, le visage crispé, les yeux exorbités. C’est avec sang froid que Henri annonce la sombre nouvelle aux personnes présentes ce soir : « Monsieur est mort, dit-il simplement. Craignant fort qu’il s’agisse là d’un meurtre j’ai fait venir ces messieurs de la police. Ils seront là dans quelques instants. » Et quelques minutes plus tard, la police arrive effectivement sur les lieux. L’enquête peut commencer.
Le topo de « et si on jouait »
Minuit dix à Whitechapel est le premier scénario gratuit dont nous allons parler. Pourquoi celui-ci? Tout simplement parcequ’il est non seulement très bon, mais également accessible aux débutants. Bien qu’il faudra faire marcher ses méninges pour espérer résoudre cette affaire. De plus cette murder party est la première que j’ai organisée. Dans cet article je vais vous présenter ce scénario, sans toutefois le dévoiler entièrement. Des conseils et des aides pour organiser ce scénario feront l’objet d’autres articles réservés, bien entendu, aux organisateurs seulement. Il est bien évident que les joueurs devront s’abstenir de télécharger les documents via le lien que vous trouverez en bas de cette publication.
Cette murder party est prévue pour être animée par deux organisateurs. Il faudra huit joueurs et plus ou moins cinq heures de jeu. Cela peut paraître long de prime abord, mais vous verrez très vite que la notion de temps a tendance à être différente lorsque l’on est pris par l’intrigue. L’organisation est relativement simple grâce aux documents relativement clairs, des événements clés sont prévus pour cadrer le déroulement de la soirée, ce qui facilite les choses sans pour autant brider la liberté des joueurs.
Organiser cette murder party
Le cadre
Londres, Whitechapel, 1888, j’ai presque envie d’arrêter là. L’ambiance de la fin du XIXe siècle se prête parfaitement au cadre d’une murder party, si de plus on y ajoute une pincée de Jack l’éventreur on obtient le cocktail parfait pour un huis clos délicieusement angoissant. Créer un cadre collant à cette époque nécessite un peu de préparation.
Un peu de déco
Il ne s’agit pas de faire une reconstitution historique. Il serait sûrement bien difficile de refaire la décoration de votre intérieur dans le style de l’angleterre victorienne sans que cela vous coûte un rein et un demi bras.

Toutefois, prendre soin de masquer les équipements modernes peut apporter un petit plus non négligeable. Pour la télévision, vous pouvez afficher une œuvre d’art à l’écran, elle fera un très joli tableau. Mais n’en faites pas trop, comme dit plus haut: ne cherchez pas à faire une reconstitution historique. Ça reste une soirée entre amis, si vous souhaitez plus d’immersion vous pourrez toujours essayer une murder party organisée par des professionnels. Nous en parlerons probablement dans un articles sur ce blog à l’occasion.
Distribution des rôles
Même si cela coule de source, il est toujours bon de le répéter: vous connaissez bien vos invités alors choisissez les rôles en fonction de leur caractères. Vous éviterez donc de laisser le rôles du prince Albert-Victor, riche, mysogine et mégalomane, à votre ami introverti et timide ou à celui du groupe qui ne supporte pas les cravates. Lisez attentivement les fiches, chaque personnages à sa propre histoire et des traits de caractères bien particuliers qui pourrait être difficile à jouer. Nous reviendrons sur chaque personnages dans des articles dédiés. Invitez vos joueurs à les lire et lisez les vous-même. Ils contiennent des informations qui pourront vous aider à rentrer dans vos personnages, n’oubliez pas qu’une murder party est un jeu de rôle grandeur nature.
Le plus important
Ne sous-estimez pas l’ampleur de la tâche, prenez le temps de bien vous préparer et laissez du temps à vos joueurs Pour le faire. L’idéal est de leur transmettre leur fiche au moins une ou deux semaines à l’avance, pour qu’ils aient le temps de faire du shopping s’ils en ont besoin et envie.
Et surtout n’oubliez pas de vous amuser. Alors, et si on jouait?